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27/11/2014

Le mouvement et sa trace : de l'écriture au fil

« Quand je dessine à main levée, j’emmène ma ligne en promenade. »

Tim Ingold « Une brève histoire de lignes »

 

« Comment une ligne pour un artiste est toujours une question de durée plutôt que de trajectoire ? Pour un artiste, un géographe, un scribe, la ligne est une durée, la vraie question est comment la faire, sa destination importe peu. Finalement pour un artiste le travail est rarement dans l’œuvre qui sera exposée mais plutôt dans la fabrication qu’elle nécessite. » Alain BUBLEX

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01/10/2014

Mérelles et crédencial

« D'abord va à ta première plante et là observe attentivement comment s'écoule l'eau de ruissellement à partir de ce point. La pluie a dû transporter les graines au loin . Suis les rigoles que l'eau a creusées, ainsi tu connaîtras la direction de l'écoulement. Cherche alors la plante qui, dans cette direction, se trouve la plus éloignée de la tienne. Toutes celles qui poussent entre ces deux-là sont à toi. Plus tard, lorsque ces dernières sèmeront à leur tour leurs graines, tu pourras en suivant le cours des eaux à partir de chacune de ces plantes accroître ton territoire. »
Carlos Castaneda, L'herbe du diable et la petite fumée, Ed. du Soleil noir, p. 160.

 

Performance sur le chemin de Compostelle : Au départ de Paris, réaliser une mérelle et la porter comme étendard, pour enfin s'en délester sous forme d’offrande à l'étape suivante. Et cela jusqu'à Saint-Jacques de Compostelle. En fonction des rencontres, des circonstances inhérentes à l'étape, la mérelle sera offerte, déposée ou accrochée dans un lieu en résonance avec le chemin de Compostelle.

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16/04/2014

Je suis tracé, donc je trace

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                                                                                                                           Mérelle et ciel
 
Comme je ne peux plus me déconnecter, je dois marcher. Éprouver l’archaïsme et la simplicité de la marche dans son dépouillement et sa répétition obstinée. « Mettre un pied devant l’autre. » Tracer une ligne d’errance. Activer mon corps et le mettre à contribution, dans la production et l’irrigation d’une « carte-soi ». Je me déleste, je me projette et je m'atomise territorialement :
 
« D'abord va à ta première plante et là observe  attentivement comment s'écoule l'eau de ruissellement à partir de ce point. La pluie a dû transporter les graines au  loin. Suis les rigoles que l'eau a creusées, ainsi tu connaîtras la direction de l'écoulement . Cherche alors la plante  qui, dans cette direction, se trouve la plus éloignée de la tienne. Toutes celles qui poussent entre ces deux-là sont à toi .  Plus tard, lorsque ces dernières sèmeront à leur tour leurs graines, tu pourras en suivant le cours des eaux à partir de chacune de ces plantes accroître ton territoire. » [1]
 
Corps support et relais d'inscriptions, filant en cheminant.
En marchant connecté au réseau, je suis le traceur tracé : mes empreintes numériques sont distribuées et « fossilisées » sur une carte publique. Je deviens donc, « marcheur public » générateur et pollinisateur de ma propre « archéologie numérique ». Corps veillé, corps en éveil.
Cheminer connecté, c'est déployer son corps avec ses potentialités numériques, dynamiques et polyphoniques. C’est se déplacer à plusieurs, se mouvoir en tant que monde, à la rencontre d'autres mondes.
J’avance donc, couronné, irrigué d'une constellation numérique.
 
Je suis happé dans une performance collective et continue. L'impression d’un motif, dans l'espace et dans le temps : les pieds sans cesse, modulant et modelant un chemin. Cadence humaine. Emprunter un chemin de pèlerins suppose la conjugaison et la synchronisation de mon rythme avec et en fonction des étapes parcourues. Parcourir un chemin c'est aussi le surcoder.
En choisissant de marcher sur le chemin de Compostelle je consens à m'inscrire dans une matière commune. Une matrice de désirs hétérogènes. Je suis pris dans un flux de mémoires coulant le long du chemin. Un flux de matière-temps. Je parcours une ligne signée et tracée, participe au tressage et à la réactualisation d’une œuvre collective. Marcher sur, dans et avec un chemin. Un chemin chargé de désirs, de croyances et d’actions... Une ritournelle de trames humaines.
 
Au départ de Paris, réaliser une mérelle[2] et la porter comme étendard, pour enfin s'en délester sous forme d’offrande à l'étape suivante. Et cela jusqu'à Saint-Jacques de Compostelle. Traces, relais sur le parcours. En effet, il s'agit de faire émerger une mérelle au départ de chaque étape. La faire à l’aide d’un pistolet à colle, générateur d'une matière chaude, transparente et visqueuse et par le mouvement de la main qui dessine, plie et fronce la matière à même la terre, de telle sorte qu’elle puisse épouser la concavité du creuset terreux. Il y a corrélation entre la vitesse du geste, la viscosité de la matière et la variété de lignes tramées. C'est une empreinte volumique et transparente, constellée de particules de terre. Une matière signée.
 
L'empreinte devenue mérelle, est agencée avec le bourdon[3], elle est greffée de telle sorte qu'elle en devient un étendard. Le dispositif sera porté et revendiqué comme tel jusqu'à l'étape suivante. Là, la mérelle sera « dégreffée ». Et, en fonction des rencontres, des circonstances inhérentes à l'étape, elle sera offerte, déposée ou accrochée dans un lieu comme indice de passage en résonance avec le chemin de Compostelle. À l’aide d'une application de géolocalisation, elle est baptisée et assignée à un« lieu » sur une carte virtuelle, documentée et contextualisée. Maintenant, la mérelle est «  identi-fiable ». Elle est archivée. Ce processus se réitérera d'une étape à l'autre, jusqu'à Saint-Jacques de Compostelle.
 
« C'est en même temps que j'aime une couleur, et que j'en fais mon étendard ou ma pancarte. On met sa signature sur un objet comme on plante son drapeau sur une terre. »[4]
 
Sur le chemin, l'étendard, comme signature dans le paysage, s'agence à son tour dans un dispositif de prise d'images. Il s'agit de prélever des images dans le paysage avec un smartphone, outil entre autres de captures et de traçage, d'une part et l'étendard transformé en sceau d'autre part. Créer en quelque sorte des «signatures-paysages » bornant et rythmant le parcours. Des « cartes-paysages », postées et distribuées sur la toile. Pour enfin muter en "papillons numériques" épinglés sur une carte virtuelle. Empreintes d'un territoire en devenir. Signer le paysage et habiter le nuage.
 
        « Là où je mets mon pieds, là est ma patrie. »

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                                                                                                                      Devenir fleur GPS
 
Faire carte c'est aussi construire des "paysages GPS". Le GPS trace le corps qui, à son tour, trace une ligne de fuite. La géolocalisation est un ajustement permanent entre la carte et le territoire, avec le corps comme intercesseur. C'est un devenir pinceau du corps, traçant et fuyant... Corps parcourant des étendues à la conquête du son propre paysage. Paysage « techno-graphique". Un corps cartographe, créateur d’un "chez soi" en marchant où la carte et le territoire deviennent les deux faces d'une même pièce. « S’atelier » et  cartographier une ligne de vie en marchant.


[1] Carlos Castaneda, L'herbe du diable et la petite fumée
[2] - Mérelle : nom donné à la coquille Saint-Jacques que portait le pèlerin se rendant à Saint-Jacques de Compostelle
[3] - Bourdon : nom donné au bâton du pèlerin
[4] - Gilles Deleuze et Félix Guattari, Mille Plateaux

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10/12/2013

Promesses

 

Juste avant que le jour ne se lève, le spectre accédera à des promesses. #Générateurdephrases #cadavreexquis


 

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20/11/2013

Clairière

« Tout "dedans" est habité par un "dehors". » #Derrida

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11/10/2013

Ma démarche c'est ma marche #devenirfleur

« Le trajet se confond non seulement avec la subjectivité de ceux qui parcourent un milieu, mais avec la subjectivité du milieu lui-même en tant qu’il se réfléchit chez ceux qui le parcourent. La carte exprime l’identité du parcours et du parcouru. Elle se confond avec son objet, quand l’objet lui-même est mouvement. » Gilles Deleuze, Critique et clinique, Paris, Les Éditions de Minuit, 1993, p.81

 

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04/10/2013

Embrasement matinal

Le cœur demande une plume au laveur de carreaux rachitique #GénérateurdePhrases

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02/01/2013

De la boule de Noël à la rose des sables

Des lignes de colle transparente pliées sur elles-mêmes, dessinées dans un creuset de sable à l’aide d’un pistolet à colle. La matière chaude est froncée de telle sorte qu’elle puisse épouser la concavité du creuset et en relier les bords. Il y a corrélation entre la vitesse du geste, la viscosité de la matière et la variété de lignes tramées. C’est une texture de forme sphérique d'environ 10 cm de diamètre et d’un poids avoisinant les 21 g. Une sphère à dimension fractale : elle fait plus d’une dimension et moins de trois. RD

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30/10/2012

Portraits : lieux de liens


Cette performance continue depuis 2009 consiste à portraitiser systématiquement mes amis de Facebook à partir de leur photo de profil (ceux qui le désirent évidemment) et cela par un triple mouvement : prélèvement, projection, restitution.

Lʼimage prélevée fait alors une percée dans le monde tridimensionnel : elle est accueillie dans lʼatelier sous forme de projection sur une membrane picturale. Cette pellicule de lumière est criblée, texturée puis capturée et enfin rendue à son écosystème Facebookien.

La cristallisation s'opère dans la rencontre entre l'image, pellicule et véhicule de lumière, et la membrane, texture colorée. Et ce, à travers un processus de modulation de cette matière-lumière vers un instant pictural. Une capture de matière-temps sous forme d'analogon : elle a comme source une autre image et elle atteste de l'état de la membrane à un instant T.

Par ce triple mouvement, l'image opère une mutation qualitative. En effet, elle a perdu des particules pour en gagner d'autres : moins de précision plus de texturesans modifications de rapports.

 

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Zoé Wolf

Ce portrait réalité, est tagué, sourcé, ce qui lui confère une forme dʼubiquité et une filiation. D'une part, il est simultanément sur le journal de mon ami et du mien, d'autre part, il est relié à son image source, c'est-à-dire à la photo de profil de mon ami.

C'est ce portrait en partage qui incarne le lien.

Les portraits ainsi liés sont organisés dans des albums en fonction de l'évolution de leur charge virale (bouton jʼaime, commentaires, partage... A noter par ailleurs, que je nʼinterviens jamais dans ces interactions). Le tout formant une constellation d'analogons en circulation continue dans un dispositif de vase communicant et de chaises musicales, soumis aux rencontres et aux interactions aléatoires.
De sorte que dans l'agora Facebookiene, ces portraits peuvent devenir des lieux de liens.

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07/09/2012

Code and link

Une projection, un tableau, des codes et des liens.

La suite c'est par ici 


Code and link par ridhadhib

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