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  • A propos de La ligne se lève : « Sur le vide »

    « Le vide-plein n'est pas seulement une opposition de forme, ni un procédé pour créer la profondeur dans l'espace. En face du plein, le vide constitue une entité vivante. Ressort de toutes choses, il intervient à l'intérieur même du plein, en y insufflant les souffles vitaux. Son action a pour conséquence de rompre le développement unidimensionnel, de susciter la transformation interne et d'entraîner le mouvement circulaire. »
    F. Cheng - Vide et plein

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  • L'art à l'état gazeux

    "On pourra regretter que le temps n'ait plus assez de forme, plus assez de style, plus assez de projet, plus assez de Gestalt, aurait dit Hegel, pour se saisir de manière solide et sculptée dans des œuvres d'art plus pérennes que l'airain. De quoi se plaindrait-on pourtant quand on voit que cette situation fluide et gazeuse est seulement la contrepartie du triomphe de l'esthétique ? De quoi pourrait-on se plaindre quand le monde est devenu tout entier si beau ? Il n'y a plus d'œuvres mais la beauté est illimitée et notre bonheur en elle s'illimite telle une fumée..." Yves Michaut, L'Art à l'état gazeux.

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  • Faire rhizome I

    FAIRE RHIZOME
    Ridha Dhib – janvier 2005

    « L’infini actuel dans le moi fini, c’est exactement la position d’équilibre, ou de déséquilibre baroque »1

    Faire rhizome est un processus pictural continu à travers le déploiement d’une ligne nomade infinie dans un espace clos (intervention sur toute la surface de l’atelier).
    L’espace clos comme territoire, comme production de signes continus et mouvants, à articulations infinies et hétérogènes.
    Créer du territoire et revendiquer l’univers. Le territoire comme impulsion, l’univers comme mouvement continu. C’est la signature perpétuelle du corps dans une multiplicité de peintures qui se connectent, se contaminent, se raccordent, se voisinent et circulent, dans une infinité de combinaisons.
    Bref, de la matière-flux continue à travers les différents états de la ligne.
    La peinture inclut la ligne dans le temps. Elle inclut des vitesses, des repos, des plis et des déplis, des intensités variables, des enclaves et des disponibilités, c’est de la texture « matièrepli – matièretemps ».
    Dans le mouvement improvisé et imprévisible du geste, la ligne s’actualise et se réalise en ignorant son propre déploiement. La substance même de la ligne, c’est-à-dire la matière/couleur se soumet aux forces physiques qui la plient et la fixent par nécessité. C’est une ligne mouvement/vitesse qui se tresse dans et par la matière/couleur, ce tressage constitue la topographie même de la ligne. Elle est mutante, polymorphe, elle s’actualise dans le mouvement, se réalise dans l’étendue et s’inclut dans la matière. Une ligne picturale.

    « Ligne sans origine, puisqu’elle a toujours commencé hors du tableau qui ne la prend qu’au milieu, sans coordonnées puisqu’elle se confond elle-même avec un plan de consistance où elle flotte et qu’elle crée sans liaison localisable, puisqu’elle a perdu non seulement sa fonction représentative mais toute fonction de cerner une forme quelconque. »2

    Ce n’est pas une ligne érudite, mais une ligne chargée de particules cosmiques. C’est une ligne qui n’est pas juste, mais rigoureuse. Ce n’est pas une ligne/segment, mais une ligne nomade.
    C’est une ligne nature qui ignore l’antériorité, ligne comme prolongement du mouvement du corps ; elle est produite comme signe abstrait parce que le geste s’est libéré de ses fonctionnalités. Désarticuler le bras et décodifier le geste. Le corps se prolonge comme machine de production, production nature/abstraite, d’où une zone d’indiscernabilité corps/cosmos.
    Peinture/texture, ligne/expression est un processus dynamique qui n’a ni envers ni endroit, qui passe du plan au volume par plis et déplis, c’est un espace multidirectionnel et flottant.
    Ce sont les inflexions et les vitesses de la ligne, à travers la matière/couleur qui font la texture.
    Plier la ligne, plier le plan, sont les conditions d’un espace à transformation continue, pas fond et forme, mais forme et déforme. L’œil est happé par un nomadisme pour dégager de la forme, forme qui se désagrège aussitôt après que l’œil a quitté ce mouvement. C’est un espace de textures que l’œil parcourt de façon tactile.
    Déploiement rhizomatique dans un espace monadique.
    Faire rhizome c’est porter le désir jusqu’à son envol.

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  • Ligne tressée sur elle-même

    A travers son empreinte, la ligne inscrit le temps sur le plan et reçoit l'espace en retour. Elle englobe, enroule, spirale, tourne, vrille, croise, glisse et trace la profondeur du volume sur elle-même.
    La ligne-matière appuie sa trajectoire sur le plan mouvant, support éphémère, qui disparaîtra pour la laisser dialoguer avec le vide. C'est la trajectoire de la ligne nomade selon ses vitesses propres qui motive les ruptures, les arrêts, les accidents en temps réel. Son chemin infini et non déterminé parcourt l'espace multidimensionnel.
    Le plan imprime sa topographie à la ligne : relief, configuration, nivellement... Il porte et se dérobe.
    Portée, supportée, déportée, sous l'emprise de la gravité, la ligne accède à l'autonomie, devient son propre support et crée un espace intensif, haptique, ouvert, hétérogène et imprévisible.
    Sable mouvant, tassé, absorbant, adhérent et non adhérent, glissant, granuleux, lisse, strié, le plan s'offre en variétés de textures et de relief au mouvement pur de la ligne matière. Il se laisse pénétrer, transformer et contaminer. Dimensionnel, il existe avant tout et il "est agit". Il répond à la ligne par sa topographie et elle lui imprime par son corps-matière un devenir. Succession de déformations, distorsions continues, contiguës et mutuelles entre ligne et plan qui s'interpénètrent, se nourrissent, se contaminent. Rencontres, mutation, synergie. Interaction.
    Puis le plan matrice disparaît : la topographie de l'espace devient exclusivement et uniquement picturale.
    Zaïat

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